16/01/2014

Yves Saint-Laurent, rétrospective.

Comme je vous l'ai annoncé la semaine dernière via ma page Facebook, le biopic de Jalil Laspert sur Yves Saint-Laurent, est sorti le mercredi 8 janvier dans les salles. L'occasion de revenir sur le parcours et les pièces phares de ce couturier de génie, à la fois torturé et adulé.


"Pierre Niney fait revivre Yves jeune de façon si juste ! Ça me fait mal… C’est troublant, incroyable. » Pierre Bergé (Paris Match).

Smoking avant-garde, robes transparentes et jeux de couleurs incarnent l'audace et la modernité de ce bourreau de travail aussi brûlant que merveilleux. Yves Saint-Laurent, cet artiste révélé au grand jour par sa collection "Trapèze" chez Christian Dior et son style androgyne, a fait naître l'une des plus grandes maisons de luxe française. Il laisse derrière lui plus de quarante ans de création, mais aussi des doutes, des silences et beaucoup de secrets. Rétrospective.

Extrait du film de Jalil Laspert, avec Charlotte Lebon et Pierre Niney.

Les débuts

Monsieur Saint-Laurent débute sa carrière comme assistant personnel de Christian Dior, avant de le remplacer à sa mort en 1957. Il prend alors la direction artistique et présente sa première collection "Trapèze" en 1958, qui rencontre un immense succès. Après son service militaire, il est hospitalisé pour dépression et se fait licencier puis remplacer par Marc Bohan.


Yves Saint-Laurent.

Plus tard, en juillet 1961, il décide en association avec Pierre Bergé et grâce au soutien financier du milliardaire J. Mack Robinson, de fonder sa propre maison de couture. Il dévoile sa première collection éponyme le 29 janvier 1962, rue Spontini à Paris. Pendant douze ans, le mauvais garçon va bousculer le vestiaire féminin en lui insufflant une modernité renversante. Il s'approprie les codes masculins pour les adapter à la garde-robe féminine. Il engendre ainsi le fameux smoking en 1966, qu'il décline à chaque défilé, mais aussi le tailleur-pantalon ou la saharienne en 1967. 


Le smoking.

Le créateur s'inspire d'artistes littéraires et artistiques, d'où la robe Mondrian en 1965, en écho au peintre du même nom. 


La robe Mondrian.

Mais l'audace reste singulièrement le leitmotive du couturier, ainsi la robe transparente voit le jour en 1968 et fait scandale.


La robe transparente.

La consécration

A la fin des années soixante, "le Roi de Paris" comme le surnomment les américains, possède plusieurs boutiques à Paris, à New-York et à Londres et s'entoure de muses ou de marraines telles que Catherine Deneuve ou Loulou La Falaise. Durant toute cette période il entretient une relation passionnelle, excessive voire tragique avec le magnat Pierre Bergé. Une homosexualité cependant mal acceptée comme en témoigne l'ouvrage de Marie-Dominique Lelièvre, Saint-Laurent mauvais garçon.

Yves Saint-Laurent et Catherine Deneuve.

Malgré le succès de ses collections Haute-Couture et Prêt-à-Porter (Yves Saint-Laurent Rive Gauche), le lancement de plusieurs parfums (Rive Gauche, Opium) et les récompenses telles que "l'International Fashion Award" en 1982 puis l'oscar du grand couturier en 1985, le styliste reste un grand enfant fragile et torturé, rongé par l'angoisse et obsédé par le travail.

Yves Saint-Laurent

La succession


Yves Saint-Laurent

Côté en bourse et leader sur le marché de la mode, la maison est rachetée en 1993 par le groupe Elf-Sanofi, puis par François Pinault en 1998. Yves Saint-Laurent et son mentor Pierre Bergé, gardent néanmoins le contrôle de la maison de couture.  Le créateur cesse de dessiner les collections Prêt-à-Porter pour passer la main à Albert Elbaz, qui devient directeur artistique du Prêt-à-Porter féminin et Hedi Slimane, des collections masculines. 

La même année, Yves Saint-Laurent met en scène trois cent mannequins sur la pelouse du stade de France, pour un défilé exceptionnel devant plus de 80 000 spectateurs. 

Albert Elbaz quitte la direction artistique au profit de Tom Ford, imposé comme directeur artistique par le groupe PPR en 2000, avant d'être remplacé par Stefano Pilati en 2004, puis Hedi Slimane en 2012. L'ultime défilé d'Yves Saint-Laurent a lieu à l'Hôtel Intercontinental en 2001, une année avant son départ et la fermeture de la maison Haute-Couture, annoncée lors d'une conférence de presse. 

Dernier Défilé d'Yves Saint-Laurent, 2001.

Accros aux amphétamines, à l'alcool et à la drogue pendant de longues années, Yves Saint-Laurent était au-delà du mythe, un maniaco-dépressif hystérique, accablé par les angoisses et l'addiction. Emporté par une tumeur au cerveau à l'âge de 71 ans en 2008, il laisse derrière lui une carrière brillante, exceptionnelle, audacieuse et un Pierre Bergé dévasté mais soulagé. Le dictateur volcanique a porté à bout de bras, peut-être trop, cet homme de plus en plus mal, perdu en dehors de sa maison de couture. Ceux qui l'ont connu avant sa chute, témoignent d'un homme gentil et tendre, drôle même, infantilisé par un Pierre Bergé omniprésent. 

3 commentaires:

  1. Sacré monsieur ce Saint-Laurent!

    RépondreSupprimer
  2. Il y a aussi la robe africaine dans ses pièces phares

    RépondreSupprimer